Non, un chat ne suffit pas à éliminer une infestation de souris. Deux études comparatives n’ont pas montré d’effet significatif du chat seul. Le piégeage, associé au rangement des denrées et à la fermeture des accès, reste la méthode la mieux documentée.
L’odeur ou la présence d’un chat éloigne-t-elle vraiment les souris ? La question revient souvent, et les témoignages de propriétaires ne suffisent pas à y répondre : un chat qui rapporte une souris ne dit rien du nombre de celles qui restent. Avoir un chat ne dispense pas d’une méthode de contrôle.
Pour les autres leviers, le guide complet sur les souris donne le cadre général de l’infestation et des solutions.
À retenir
- Aucune des deux études comparatives n’attribue au chat seul un effet significatif sur les rongeurs.
- Dans l’essai mené au Bangladesh, les pièges ont fait mieux que les chats contre les pertes de riz stocké.
- Les auteurs voient dans le chat un appoint possible d’une stratégie intégrée, pas un remplaçant.
- Ranger les denrées, piéger contre les murs et fermer les accès vers l’extérieur restent la base.
Ce que fait un chat face aux souris
Un chat chasse. Il traque, immobilise et tue des rongeurs, dont la souris grise, ou Mus musculus. Ce comportement est connu et personne ne le conteste.
Ce qui est moins évident : une capture ne fait pas un recul de population. Selon l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), la souris domestique est une espèce grégaire qui défend collectivement un territoire. Dans les bâtiments, elle peut mettre bas en toute saison, avec plusieurs portées par an. Prélever quelques individus ne garantit donc pas une baisse durable.
Le second effet souvent invoqué est la peur : la seule présence du chat changerait les déplacements des souris. C’est ce que les deux études ci-dessous permettent de vérifier.
Ce que montrent les deux études
Deux études comparatives, publiées en 2017 et en 2020, répondent directement à la question. Elles convergent : le chat seul ne suffit pas à contrôler les rongeurs. Toutes deux ont été menées hors d’Europe, ce qui limite la transposition de leurs chiffres.
L’étude de Mahlaba, Monadjem, McCleery & Belmain, publiée en 2017 dans la revue scientifique PLOS ONE, est souvent citée comme preuve d’un « paysage de peur » créé par le chat. Son détail, rapporté par Krijger et ses collègues en 2020, dit autre chose : aucun effet sur l’alimentation des rongeurs n’a été mesuré quand des chats seuls étaient présents autour des maisons. L’effet n’apparaît qu’avec des chats et des chiens ensemble. L’étude portait sur des foyers ruraux du Swaziland, et sur d’autres rongeurs que la souris domestique.
Krijger, Gort, Belmain, Groot Koerkamp, Shafali & Meerburg ont ensuite comparé quatre stratégies pendant deux ans, dans des villages ruraux du Bangladesh : témoin, chats domestiques, rodenticide et piégeage. L’indicateur principal était la perte de riz stocké dans des paniers standardisés. Pour le groupe chats, l’écart avec le témoin n’est pas significatif ; il l’est pour le rodenticide et pour le piégeage, et les pièges font mieux que les chats. La souris domestique était la deuxième espèce capturée dans les foyers.
Deux nuances s’imposent. Les auteurs pensent que beaucoup de chats se sont éloignés pendant l’essai : l’absence d’effet peut tenir au protocole autant qu’aux chats. Et ils écrivent que les prédateurs domestiques peuvent contribuer à une stratégie intégrée. La conclusion n’est donc pas qu’un chat est inutile, mais qu’il ne remplace pas une méthode de contrôle.
💡 Conseil expert : Avant de poser des pièges, apprendre à repérer les traces d’une souris permet de cibler les passages actifs. Des déjections fraîches dans une maison où vit un chat montrent que des souris circulent toujours, quoi qu’il rapporte.
Pourquoi la croyance persiste
La conviction que le chat éloigne les souris repose sur une observation réelle : il en capture. Ce constat, visible, alimente une généralisation — le chat contrôlerait la population. Or capturer quelques individus et réduire un foyer établi sont deux choses différentes, et les deux études ne montrent pas la seconde.
| Situation | Indice observé | Action recommandée |
|---|---|---|
| Le chat rapporte des souris | Captures visibles, mais déjections fraîches toujours présentes | Piéger contre les murs, là où sont les indices |
| Plus aucune souris vue depuis l’arrivée du chat | Grattements ou déjections récentes malgré tout | Chercher les indices avant de conclure, poser des pièges |
| Nourriture accessible, chat présent | Emballages rongés | Ranger les denrées en contenants rigides fermés |
| Le chat sort et rentre librement | Chatière, porte entrouverte | Vérifier que ces passages ne servent pas aussi aux souris |
Ce qui marche à la place
Réduire un foyer établi suppose d’agir sur plusieurs fronts en même temps.
D’abord, couper les ressources. Ranger les denrées dans des contenants rigides fermés, retirer les déchets accessibles, supprimer les points d’eau. Les croquettes du chat comptent : laissées à disposition toute la journée, elles nourrissent aussi les souris.
Ensuite, piéger. Le piégeage est la méthode que l’essai de Krijger désigne comme la plus efficace contre les pertes de denrées. Poser les pièges contre les murs, sur les passages repérés, appâtés avec ce que les souris mangent déjà sur place. Les contrôler chaque jour.
En même temps, fermer les accès vers l’extérieur : passages de câbles, bas de portes, fissures en pied de mur, avec un matériau que la souris ne ronge pas — laine d’acier, mortier, plaque métallique. Seule exception : un trou qui mène à un vide de cloison se rebouche quand le piège posé devant ne prend plus rien, pour ne pas enfermer de souris dans le mur.
Notre recommandation pratique : la tapette mécanique se pose contre le mur et agit sans substance toxique, un point qui compte dans un logement où vit un chat. À placer hors de sa portée, sous une boîte ou derrière un meuble.
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Les ultrasons, plantes et huiles essentielles ne remplacent pas cette séquence ; notre article sur l’efficacité réelle des répulsifs naturels détaille ce qu’ils font ou ne font pas.
Chat et traitement en même temps
Garder son chat pendant le traitement est possible. Trois points sont à retenir ; les deux premiers viennent des études, le troisième relève de la prudence.
Le chat seul ne suffit pas. C’est le résultat commun des deux études, chacune avec son propre indicateur. Le traitement reste nécessaire.
Le chat peut compléter une stratégie intégrée. Les auteurs de l’essai au Bangladesh écrivent que les prédateurs domestiques pourraient contribuer efficacement à une telle stratégie. Son rôle n’est pas nul ; il n’est pas suffisant.
Le chat impose des précautions. Les pièges se placent hors de sa portée. Cet article ne recommande pas d’appât toxique dans un logement où vit un chat ; en cas de doute sur une ingestion, appeler sans attendre un vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire.
Chatons, chats d’intérieur
On demande souvent si un chaton, un chat stérilisé ou un chat d’appartement change la réponse. Les deux études ne le disent pas : elles ne distinguent ni l’âge des chats, ni leur stérilisation, ni leur mode de vie. Aucune affirmation dans un sens ou dans l’autre ne serait donc sourcée ici.
Ce qui vaut pour tous : un chat ne ferme aucun accès et ne range aucune denrée. Chez Krijger, l’éloignement probable de nombreux chats rappelle aussi qu’un chat ne surveille un lieu que lorsqu’il y est.
Notre recommandation pratique : si vous préférez ne pas tuer les souris, le piège à capture vivante les retient sans les blesser. À relever chaque jour : une souris ne doit pas y rester enfermée.
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⚠️ Risques de ne pas agir
Une infestation non traitée s’étend : selon l’INPN, la souris domestique peut se reproduire toute l’année dans les bâtiments, avec plusieurs portées par an. L’urine et les déjections souillent les denrées. Tant que les accès restent ouverts et la nourriture disponible, le foyer se maintient, avec ou sans chat.
Que faire maintenant ?
Ranger les denrées, poser des pièges sur les passages identifiés et fermer en même temps les ouvertures sur l’extérieur. Pour dérouler chaque étape, voir la méthode complète contre les souris. Le chat peut accompagner cette démarche ; il ne la remplace pas.
Foire aux questions
L’odeur d’un chat suffit-elle à éloigner les souris ?
Rien ne l’établit. Aucune des deux études ne teste l’odeur seule. Mahlaba et ses collègues n’ont relevé aucun changement dans l’alimentation des rongeurs en présence de chats sans chiens ; seule la combinaison des deux produisait un effet.
Un chat stérilisé ou d’appartement chasse-t-il les souris ?
Les deux études ne permettent pas de répondre : aucune ne compare chatons, chats stérilisés et chats d’appartement. Un chat peut capturer une souris dans tous les cas. Mais, quel que soit le chat, la capture occasionnelle ne remplace pas une méthode de contrôle.
Le chat est-il suffisant si l’infestation est légère ?
Non. Même face à une présence limitée, le chat n’agit ni sur les accès ni sur la nourriture, qui entretiennent la présence des souris. Mettre les denrées hors d’accès, poser des pièges le long des parois et boucher les ouvertures vers l’extérieur restent la méthode.
📅 Mis à jour le 14 octobre 2026 · Luca R.
⚠️ Avertissement — Les informations vétérinaires de cet article sont publiées à titre indicatif. PestVerdict est un site spécialisé dans la biologie des nuisibles et les stratégies de traitement. Ces informations ne remplacent jamais un avis vétérinaire. Pour votre situation, l’avis d’un vétérinaire ou d’un centre antipoison vétérinaire prime.
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Sources
- Mahlaba, Monadjem, McCleery & Belmain (2017) — PLOS ONE — « Domestic cats and dogs create a landscape of fear for pest rodents around rural homesteads » : essai comparatif répliqué sur l’activité et le risque de fourragement des rongeurs en présence de chats et de chiens
- Krijger, Gort, Belmain, Groot Koerkamp, Shafali & Meerburg (2020) — Animals 10(9):1612 — « Efficacy of Management and Monitoring Methods to Prevent Post-Harvest Losses Caused by Rodents » : quatre stratégies comparées sur deux ans au Bangladesh, dont l’usage de chats domestiques
- INPN — Inventaire national du patrimoine naturel (MNHN & OFB) (2026) — Mus musculus (souris grise, souris domestique) — fiche espèce : habitat, biologie, reproduction et comportement